jeudi, décembre 14, 2006

Que la patience soit avec toi !




Citadine. Je crois que je suis définitivement une citadine. J’ai découvert la campagne (les vacances chez mémé, ça ne compte pas) une fois bien atteint l’âge adulte. Tout à fait par hasard, d'ailleurs. Jusque là, je n’avais rien contre la ruralité et un excès de chlorophylle, seulement une jolie collection d’images d’Epinal et d’idées préconçues. L’appartement familial accueillait des plantes en tous genres, ma mère plantait des noyaux d’avocat, qui avaient eu la gentillesse de germer au préalable dans un bain de siège suspendus dans des verres à demi remplis d’eau ; elle taillait et bouturait avec succès de belles choses vertes qui faisaient ressembler le salon à un jardin tropical. Et j’étais admirative, « moi aussi, un jour…j’aurais tous les talents ».
Jamais un noyau d’avocat planté d’allumettes par mes soins n’a voulu germer, le cul pourtant bien à l’humide. Jamais. Pas une seule petite fois.

Mes tentatives en pot s’avéraient également des flops complets. Je devais tomber sur une mauvaise série de plantes forcées en pépinière, pas possible autrement. J’y mettais pourtant tant de cœur qu’elles en crevaient toutes d’être trop aimées. Systématiquement. Elles se passaient le mot entre elles. Je traîne ainsi depuis des années un rachitique et ridicule ficus, aussi déguigandé que dégarni, dont je refuse de me séparer malgré les moqueries récurrentes de l'homme que j'aime.

J’avais pourtant potassé les magazines de jardinage pendant des mois, que dis-je, des années, ceux avec de superbes photos colorées, des cosmos et des pivoines plein les jardins, en un fouilli méticuleusement organisé. J’avais accumulé une connaissance théorique certaine sur le sujet, j’étais fin prête pour l’expérimentation in vivo, la vraie confrontation avec un vrai jardin.

Le premier « vrai » jardin qui me soit tombé sous la main n’était qu’une malingre pelouse, cramponnée bon an mal an à une pauvrette terre de remblai, aride comme le Grand Canyon. Qu’importe, j’avais la foi. Première confrontation avec la vraie réalité du jardinage, vérification de la morale La Fontainienne «Patience et longueur de temps font mieux que force et que rage». Après une année d’efforts plus ou moins soutenus (plutôt moins que plus, avouons-le, la patience étant la moindre de mes vertus…), j’ai vu éclore un bouquet de marguerites, famélique mais néanmoins fier et droit contre le crépi de la face nord de la maison. Les autres choses semées en mars, avec toute mon affectation pourtant, avaient refusé d’être mes amies. Tant pis, d’ailleurs, nous partions sur de mauvaises bases : c’est la terre qui ne voulait pas de ce que je lui confiais. Bizarre tout de même, que le voisin n’ait pas la même terre que moi… Dis, do’teur, pou’koi ça pa poussé ?
A peine tiédie dans mes ardeurs, j’avais également fait une autre découverte : pour planter/semer, il faut creuser. Au moins un peu, quand même. Se baisser n’était pas le problème, un petit tabouret fait très bien l‘affaire. Mais… IL Y A DES HABITANTS DANS LA TERRE. Ahan. Et pas n’importe lesquels. Les pires. Phobique je suis. Pétrifiée devant tout ce qui n’a ni-pattes-ni-ailes-ni-nageoires… vous me suivez ? (et on s'épargne la psychologie freudienne à deux cesterces qui dit que... hein !) De l’anaconda à l’asticot, en passant par la couleuvre et le lombric… même la limace. Et l’escargot baveux. Et dans un jardin, impossible de faire l’impasse d’une telle cohabitation.

De guerre lasse, je m’en suis allée voir si l’herbe était plus verte ailleurs, sous les embruns de la Côte d’Opale. Alors, j’ai élargi ma connaissance livresque des plantes de bord de mer et j’ai tellement hésité sur celles à mettre au jardin sableux que le temps s’en est filé, le vent de la Manche a emporté mes quelques espoirs de hampes graciles.

Jamais démoralisée, j’ai conservé mon envie intacte en sommeil, en jachère. Pendant ce temps, j’ai continué de suivre les expériences maternelles avec beaucoup d’intérêt. Par exemple, je protège ma planète, comment se passer d’anti-pucerons chimique ? Et là vous répondez en cœur : « la coccinelle !» Pour ses rosiers, ma mère est allée, munie d’un petit filet à papillons, sautiller dans les prés à la cueillette des coccinelles ; ou alors elle est allée consciencieusement acheter une petite boite de coccinelles chez le marchand. Eh bien non, moi aussi je croyais ça. Mais ce sont les larves de coccinelles qui se nourrissent de pucerons, si vous comptiez adopter un troupeau de jolies bêtes à bon Dieu rouges et noires, ôtez vos illusions citadines. La larve de coccinelle est nettement moins élégante. Une fois déposé à l’aide d’un pinceau sur le rameau infesté le translucide machin (comptez bien une heure de labeur, de bons yeux bien efficaces, restez bien concentrés, surtout), vous n’avez plus qu’à allumer un cierge en espérant que

1/ il ne pleuve pas dans l’heure qui suit,
2/ qu’il n’y ait pas un coup de vent dans la demi-journée,
3/ qu’un malicieux oiseau ne vous ait a pas vu lui dresser la table du festin.
Sinon, adieu veaux vaches cochons !

Par la suite, j’ai à nouveau mis en pratique mes super talents et je m’étais vaillamment lancée dans une première pour moi : le jardin potager. Aaaah, régaler sa famille de légumes frais cueillis, de salades croquantes au bon goût de salades, de courgettes dodues et de radis roses et charnus. VANITE, TOUT CELA N’EST QUE VANITE ! Jeune Padawan, le jardinage t’apprend une chose, primordiale, indispensable : la PATIENCE. Que la force soit avec toi jeune Jedi, plus long ton chemin est, plus grande ta force sera. Ensuite, il te faudra faire preuve d’humilité, lorsque bataille tu devras livrer contre les hordes invisibles des limaces gloutonnes du côté obscur, qui attendent que tu dormes du sommeil du juste pour anéantir TOUS tes efforts. Et encore de la patience… patience toujours … et humilité encore et à l’infini. Tu ne domptes pas la terre, c’est elle qui te matte. Tu sèmes, et tu attends. Tu attends… tu attends… tu attends que ça veuille bien avoir l’aimable obligeance de daigner sortir de terre, de pointer un bout de feuille tendre.

Ainsi, nous avons semé du gazon fin novembre. Fin novembre, dans une région où il commence à geler 15 jours plus tard, ça n’est pas vain du tout, non non non ! Et j’apprends le véritable sens de l’expression « regarder pousser l’herbe ». Jamais je n’ai passé autant de temps à regarder, émue, pousser MON herbe, chercher dans la graine à terre le frisotti de germe qui fait dire que « mais non, Chéri, ils nous ont pas vendu 15 kgs de graines mortes, regarde, là, là, mais siiii, là, regarde bien ! » Et de m’extasier un après-midi sans crainte du ridicule « regaaaaaaarde !! ça pouououousse ! » comme devant la première crotte au pot du petit dernier.

Dans mon grand élan, je m’étais dit que je ferais bien un composteur. Ma mère, toujours elle, en guise de pré-Noël, vient de m’offrir un livre riches d’enseignements, « Jardiner bio, c’est facile ». Et là, on te montre comment tu peux fabriquer ton composteur toi-même avec des palettes, si si. Et d’appétissants schémas indiquent les différentes étapes de mûrissement du compost. Etape 1, ça chauffe, ça monte entre 50 et 60°C, ça fermente, ça pourrit , quoi, ça se décompose. Jusque là, ça va, je peux supporter, il suffira de mettre le composteur au coin du jardin, juste à coté de la futur piscine de la maison hollywodienne de notre futur voisin (je n’y peux rien , c’est le seul endroit de MON jardin où logerait un composteur sans altérer la vue que l’on a depuis le canapé…). Etape 2, il commence à y avoir des bêtes dans le mélange, des insectes tout aussi, semble-t-il, divers qu’utiles…à ce stade, l’affaire me contrarie un peu … Etape 3, les lombrics grouillants, princes des jardins et rois des composts, sont à l’œuvre pour fabriquer le bon humus. Là, c’est trop fort pour moi, niveau 3, je capitule, je me reconnais petite joueuse. Je vois, en feuilletant dépitée, ledit ouvrage , que l’on peut acquérir un composteur à 3 sections (une par étape), pas plus gros qu'une grosse poubelle, aaaaah, voilà qui me va… mais une lecture plus approfondie me signale qu’ils peuvent être déjà « garnis de lombrics » !! On n'y échappe donc pas...

J’ai jusqu’au printemps pour me débarrasser d’une phobie et me lancer dans la lombriculture intensive en guise de thérapie ou alors… renoncer encore une fois à recréer le jardin de Monet à Giverny à mon domicile…

"Calme. Ressens ce que tu vois autour de toi. La patience et la faculté de raisonnement d’un Jedi sont ses meilleures armes."

Oh, merci Maître Yoda !

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27 Comments:

Blogger Anitta said...

Quel sens de la persévérance (à défaut de patience) tu as eu ! Moi j'ai su très vite que j'avais pas la main verte (à ma décharge, je n'ai pas la phobie des lombrics). Tu verrais mon jardinet, il a beau être sablonneux et humidifié ce qu'il faut, tu te croirais dans une casse de voitures ! Bon, j'exagère un peu. Disons des voitures végétales, hein ;-)

14/12/06 16:08  
Anonymous bérangère said...

suis comme toi, la seule chose verte dans ma vie, c'est la vertu...'fin ça dépend des saisons ;-)"un avocat le cul dans l'humide", 'tention malheureuse, va devenir véreux ;-)

14/12/06 17:34  
Anonymous Maky said...

Sans vouloir en "ajouter" Sais-tu que le lombric a des vertus gustatives et qu'il contient des vitamines...
Regardes ce blog :
http://desecri-e-silence.hautetfort.com/archive/2006/11/21/verre-de-vin-ou-ver-de-terre.html

Bon courage, mais tu vas voir...l'herbe finit par pousser !

14/12/06 19:24  
Anonymous Anonyme said...

bon chuis pas plus douée que toi pour les avocats et tout le reste. Mon ficus se plaisait vachement bien dehors tout l'été et quand je l'ai rentré un coup de chaud froid il a grillé. Maintenant il est minable et miteux mais je refuse que Poussiiiin le jette !
Pour les lombrics je n'ai pas de problèmes mais apparemment tu as une copine sur le sujet en la personne de TiteKnacky qui elle aussi les adore autant que toi !

14/12/06 19:28  
Anonymous Anonyme said...

c'est encore moi j'ai cafouillé avec mon clavier donc pas pu signer !
Bises
La Troll Family

14/12/06 19:29  
Blogger FD said...

* Anitta, un jardin de voitures végétales, oh ho, j'ignorais qu'un jardin pouvait autant transporter son propiétaire !

* Bérangère, de la verte vertu c'est déjà pas mal !

* Macky, j'en suis encore toute terrifiée, du lien ! avec croquis à l'appui ! pas moyen de les manger, dussé-je crever du scorbut sur une île déserte. Brrr...

* Utilisatrice anonyme, t'as essayé de tailler ton ficus à ras ? des fois ça marche. Je te dis ça mais j'ai pas osé le faire avec le mien, j'ai peur que ça signe son arrêt de mort ;-)Si les lombrics ne te dérangent pas, on peut te louer pour jardiner chez nous le WE ?! (et y a du repassage aussi, tant qu'à faire le déplacement, venez en famille !)

* La TrollBis, je t'ai reconnu, tu vois !

14/12/06 20:09  
Anonymous bricol-girl said...

Viens prendre des cours avec Pomponette.

15/12/06 08:03  
Anonymous bérangère said...

je suis repassée voir si l'herbe avait poussé...

15/12/06 08:34  
Anonymous kheyliana said...

Ne migre pas vers la nouvelle version de Blogger ça bloque chez pas mal de gens pour les commentaires ...

15/12/06 08:56  
Blogger FD said...

* Bricol'Girl, on a le fluide ou on ne l'a pas... je crois que je ne l'ai pas ;-(

* Bérangère, hélas non...

* Khey, oui, j'ai remarqué ce matin chez toi, pas pu laisser de com. Pareil chez Petitsboutsdequotidien et d'autres, très frustrant. Donc OK, je migre pas.

15/12/06 09:18  
Anonymous Soeur Anne said...

Et bien, j'ai le problème presque inverse : Le 20 à 25 plantes offertes à notre mariage je ne m'en occupe pas, et elles poussent quand même !!
La pelouse pousse trop vite, les fleurs sont trop grosses, les plantes d'inétrieur prennent trop de place et me mangeaient la vie...avant que sournoisement, je ne les sorte un jour de grand gel et "Oh, les plantes elles ont crevé, je vais les mettre à la poubelle "
Depuis, des personnes plus ou moins bien intentionnées tentent de m'offir de ces satanées plantes que j'ai eu tant de mal à faire partir, alors j'ai passé le mot "Je hais les plantes en pot" !!

15/12/06 12:08  
Anonymous titeknacky said...

"le lombric a des qualités gustatives et est gorgé de vitamines !!!

Ca me laisse songeuse ....

Moi la main verte, ca dépend des fois, j'essaie parfois de sauver la vie des plantes vertes du bureau (la femme de ménage déteste les plantes donc elle ne les arrose pas), récemment j'avais rapprté un ficcus qui avait séjourné 6 mois dans la cage d'escalier ... sans grand succès, il a terminé ses jours sur la terrasse.

Une autre fois, la même femme de ménage (accessoirement ma voisine dans mon bled) m'a donné un autre ficcus que sa belle mère lui avait offert, elle mel'a porté un jour après l'avoir laissé sur sa terrasse plein sud pendant tout l'été.

J'ai encore échoué ... mais je me soigne et surtout je persévère ;o)

Bisous et bon week end si je ne te lis plus

15/12/06 13:52  
Anonymous Anonyme said...

si tu veux côté jardinage faut déjà que je gère MON jardin après s'il me reste un peu de temps... et côté repassage je ne suis pas franchement certaine que Poussiiiin soit d'accord pour faire le tien. Ben oui l'est comme ça Poussiiiin !
Bises
La Troll Family

16/12/06 09:19  
Anonymous maitressedecole said...

Dommage que je n'aie pas le temps de venir plus souvent,
pfffffffffffffffff dieu que tu écris bien !

Tu me fais revenir en arrière du temps où j'avais un jardin, et la ferme intention de le fleurir.
Rassure toi, il arrivait que je me lève en hurlant................................

à chaque lombric.
beurk,

Maintenant me voilà en appartement, et mes plantes deviennent envahissantes, va chercher à comprendre. Je n'ai plus le temps de m'en occuper. Ni assez de place.
C'est po juste;;))

16/12/06 09:45  
Anonymous Ln la marmotte said...

Mais tu cultives si bien les mots qu'ils poussent en si jolies phrases...

17/12/06 12:36  
Anonymous Fauvette said...

Je déboule de chez Brico-Girl, je vais visiter...
J'aime bien ce que t'as écrit la Marmotte !

17/12/06 19:27  
Blogger FD said...

* soeurAnne, tu ignores la chance que tu as d'avoir la main verte ! finalement, on n'est jamais content de ce qu'on a :-)

* Titeknacky, persévère, persévère, il en restera toujours quelque chose, même si ce n'est qu'un pot vide !

* Troll family, même si je nourris tout le monde et je fais babysitter ?!

* maitressedécole, je veux bien te prendre en pension si tu ne sais pas quoi faire de tes vacances ! ta seule présence fera surgir ma pelouse de terre, j'en suis sûre !

* ln la marmotte, merci, et ravie que mes bouquets de mots t'agréent.

* Fauvette, bienvenue ! je viens faire un tour chez toi et ô surprise, Comment traire une poule à l'air tout pile fait pour moi, la rurbaine type ! je le mets sur ma Wishlist de Noël, de ce pas !

17/12/06 19:39  
Anonymous bérangère said...

Que la patience soit avec toi !

Et avec nous ;-)

18/12/06 10:20  
Blogger FD said...

* Bérangère, tout à fait... ;-D mais patience bientôt récompensée !

18/12/06 10:25  
Anonymous titeknacky said...

Vi parce qu'après, je nettoie les pots vides et je vernicolle ... ma fille est ravie ;o)

18/12/06 13:04  
Anonymous titeknacky said...



Ca j'ai juste pour voir ce que la balise "a" amène comme résultat

18/12/06 13:14  
Blogger FD said...

* Titeknacky, ça va, on s'amuse bien avec le html ?! bon tu as vu ,c'est joli bleu souligné. Allez, essaie-nous autre chose ;-)

18/12/06 13:20  
Anonymous titeknacky said...

Ben je sais pas moi ...

Si question vitale ....

Je veux faire des notes pleines de ratures

Pourquoi personne ne veut me dire ce qu'il faut mettre en balise ... bou hou hou ;o(


Je te l'aurais bien fait en phrase rebondissante mais il l'accepte pas ton blogspot

18/12/06 15:59  
Blogger FD said...

Tite , oh c'est bien beau ce que tu nous fais ! à propos, si je puis abuser, qu'est-ce que c'est la balise pour faire du raturé ? bondissant ça doit être sympa aussi, comme ce que tu as fait chez toi le texte qui file d'un coté et de l'autre ?
Bon allez, faut que je cherche une recette de langue de boeuf pour ce soir, moi.

18/12/06 16:59  
Anonymous titeknacky said...

Qoi tu connais pas la balise pour faire des ratures !!!!!

Mouarffffff !!

...


...

Moi non plus !!

Bon ben tant pis je te laisse avec ta langue de boeuf (d'ailleurs j'ai une super recette que je ne te dirai pas) tu feras comme moi

.....trouver toute seule ;o((

18/12/06 17:10  
Blogger FD said...

Merci, Tite, je saurais m'en souvenir... :-)
ça a l'air long à cuire, la langue de boeuf, elle est encore surgelée la mienne je vais faire des pâtes plutôt... Bonne soirée.

18/12/06 17:19  
Anonymous titeknacky said...

Ouais non en fait, je déteste la langue donc je n'ai pas de recette hormis celle que ma belle mère essaie de me refourguer depuis des années ...

"Han tu ne fais jamais de langue de boeuf à mon fils, il adore ca pourtant !! (je parle de la recette on est bien d'accord ;o)

Tiens depuis 5 mns je sais faire les ratures ...

D'ailleurs dans 5 minutes je m'en vas fêter ça avec les contrôleurs SNCF ... on va avoir le temps avec le retard que le train va encore avoir

Bonne soirée

bises et a demain

18/12/06 17:56  

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