lundi, novembre 01, 2010

Je, tu, il/elle, nous, vous... Eux.

UTOPIA


Il y a longtemps... très longtemps que j'avais en tête, envie, d'un billet sur notre recomposition. Par micro touches de pointilliste j'en ai parlé par ci par là. Des uns, un tout petit peu des autres, pas du tout de certains et probablement pas de l'essentiel.
Le déclic c'est aujourd'hui, en réponse à un autre billet ailleurs dont l'auteur se reconnaitra.

On n'a pas le mode d'emploi. Parce qu'il n'y a pas de mode d'emploi. Il n'existe pas. Lorsqu'éperdus d'amour le Doux et moi nous sommes rendus compte que le quotidien avec l'autre devenait vital, s'est posée la question des... ENFANTS de l'autre. Eux entre eux. Eux avec nous. Nous avec eux. Eux avec leur parent. Ce sont toutes les relations établies qui se modifient, du fait du choix des 2 adultes. Il leur faut intégrer bon gré mal gré un autre adulte au quotidien... d'autres enfants... un autre type de relation avec leur parent "recomposant".

Nous avons commencé discrètement par des week-end tous ensemble... puis des vacances... Nous avons regardé l'autre, notre nouvel amour, inter-agir avec notre progéniture, notre amour viscéral. Nous avons regardé sa progéniture, ses amours, en relation avec nous-même.
Quelques couacs. Mini. Infimes. Inévitables. Parce qu'on ne reconstruit pas à partir de rien mais à partir d'histoires personnelles kaléidoscopes, des ronds et des carrés, sur des braises encore rougeoyantes. Et puis on reconstruit également avec celui d'En-face comme nous l'appelons ici. L'Autre parent. L'Ex. Rarement inoffensif. Mais pour être honnête, l'ex doit en dire autant de nous.

Ici, ce sont 3 garçons d'un coté et une fille/un garçon de l'autre qui étaient appelés à régner -araignée araignée à vivre ensemble. Quasiment du même âge. De 13 à 5 ans. Qui tout de suite, je mesure aujourd'hui cette chance que nous avons eu, ô mystérieuse alchimie, se sont entendus comme larrons. Tous se sont coulés sans trop de difficulté dans le nouveau groupe, prenant ainsi une position nouvelle dans la fratrie. Un ainé devenait 3è, un 2è le 4è et un garçon qui n'avait qu'une soeur récupérait 3 frères plus jeunes, un benjamin de 3 devenait benjamin de 5. Avant d'être tous soudés à l'identique par la naissance d'une soeur commune.

Depuis la naissance de mon ainé, son père et moi étions en profond désaccord sur l'éducation des enfants. J'ai observé Doux avec les siens. Je l'ai observé avec les miens. Je me doute qu'il en a fait de même, c'est de bonne guerre. J'ai aimé sa façon d'être père. Je ne me serais pas senti le courage de vivre au quotidien, de confier mes enfants à nouveau à quelqu'un qui aurait eu une conception différente. Trop d'énergie et de contrariétés dont j'avais décidé de me passer. L'amour mais pas à n'importe quel prix. Punir pour les mêmes choses. Lâcher la bride à l'identique. Un niveau de patience et de tolérance similaire. Sinon simultané, tout au moins en alternance, afin de compenser les fatigues de l'autre. Par des chemins identiques, amener ensemble nos enfants à devenir des adultes. Nous voyons le monde de la même façon. C'est reposant. Très. On passe notre énergie à autre chose. Ensemble. Non pas l'un contre l'autre. Jamais. C'est un luxe. Et ça ne sont pas les contrariétés externes qui manquent.

Sans ce pré-requis de départ, il y a belle lurette que notre couple ne serait plus. Et l'utopie de famille recomposée aurait sombré avec. L'amour seul ne suffit pas à faire passer toutes les couleuvres grosses comme des anacondas. Hélas.

L'adhésion des enfants ? Si nous les avons vu vivre sereinement les vacances, il n'était pas pour autant évident qu'ils accepteraient de partager leur quotidien avec un autre adulte que le parent connu. Qu'ils accepteraient remontrances et affection de cet étranger. A qui ils doivent, exige-t-on d'eux, obéissance et respect. Qui prend la place du parent absent et les oblige à la déloyauté, croient-ils.

Le beau-parent n'est pas le parent, n'a pas l'autorité parentale (non non, il ne l'a pas,"on" en a parlé mais c'en est resté aux promesses...qui n'engagent que ceux qui y ont cru) n'a même, au quotidien, pas le droit de signer les mots d'absence ou les autorisations de sortie dans le carnet de correspondance ; n'a en théorie même pas le droit d'aller chercher l'enfant à l'infirmerie du collège ou en permanence s'il n'a plus cours... n'a en théorie pas sa place lors des réunions parents-profs. Peut l'emmener à l'hôpital en cas d'urgence mais ne peut pas aller le chercher... Vous pensez comme c'est pratique, dans ce cas ! Heureusement, dans la pratique de la vraie vie, nos interlocuteurs sont souvent plus intelligents que la théorie.

Etre beau-parent, c'est l'école de l'humilité. C'est accepter, juridiquement et officiellement, de n'être RIEN pour l'enfant que l'on co-élève comme le sien, à qui on donne de l'affection, que l'on nourrit, que l'on habille, que l'on trimballe aux activités extra-scolaires et aux soirées chez les copains. Rien du tout. Accepter en cas de séparation ne plus exister pour cet enfant, quelle que soit l'affection et les liens noués. Etre beau-parent, c'est l'école de l'humilité. C'est accepter d'aimer "à perte", parfois même pour ne recevoir qu'ingratitude et mépris. Qu'importe. C'est le job qui veut ça. C'est se remettre en cause et en question en permanence... C'est de la culpabilité de tous les jours. C'est accepter que les liens qu'a le compagnon/compagne avec ses enfants soient différents que ceux qu'il noue avec les nôtres. Puisque nous les pratiquons également à l'inverse. C'est leur laisser leur histoire commune. Vivre et construire ensemble ça n'est pas effacer le passé de chacun. Et croyez-moi, lorsque 2 divorcés décident de vivre ensemble, il y a dans la corbeille non seulement les enfants respectifs mais également les ex, les nouveaux beaux-parents (n'est-ce pas, Cellequisereconnaitra?!), les amis (ou futurs-ex amis...). C'est clairement au début un ménage à 4 :-)

Pour peu que la sauce ne prenne pas, que le courant ne passe pas entre les enfants et le beau-parent, l'affaire est morte-née. Ou presque. Les relations ont tout de suite été tendues (pour le moins) avec ma belle-fille. J'ai essayé des trucs. Et des bidules. Et d'autres choses. ça ne pouvait venir que de moi, puisque c'était moi l'adulte. C'était donc forcément à moi et à moi seule de faire l'effort. Croyais-je. j'ai acheté et lu pléthore de livres. Des recettes présomptueuses parfois. Des suggestions souvent. Je me suis inscrite à des forums, j'ai longuement lu les autres. J'ai lu le livre de Dan Franck (Les enfants). Et puis j'ai fini par tout envoyer valser. J'ai fait comme j'ai senti. Comme j'étais. Advienne que pourra.  Jusqu'à baisser les bras. On ne fait pas boire un âne etc.

Il n'y a pas de recette. Il n'y a pas d'expérience qui serve aux amis. Et depuis quelques années je me désole de constater parfois-souvent que nos amis recomposés finissent par "décomposer" à nouveau. Ou presque. ne laissant entre eux que le fil ténu des amants. Plus de vacances ensemble. Une cohabitation qui n'en est pas vraiment une. De douloureux personnages qui se croisent sans se lier. Qui s'évitent s'ils le peuvent dans une grande maison. Un rêve qui s'étiole. Parce que certains membres n'ont pas voulu de ce rêve-là. Je constate avec tristesse que lorsqu'on recompose avec des ados, ou des pré-ados, sans généraliser mais d'après ce que j'en ai vu, ça ne colle pas. Trop tard ? Mauvais moment pour ces enfants ? Bad karma ? Peut être.

Chez nous non plus, pas plus qu'ailleurs ça n'a collé avec l'ado. Le temps a passé, l'ado est devenue adulte et même s'il  y a aujourd'hui un respect mutuel et une affection tout en retenue, demeure pour moi la frustration de ces rendez-vous manqués, de ces années vides des liens avortés que nous aurions pu nouer. Notre relation a été à l'inverse de ce qu'elle est entre son jeune frère et moi. Tout est si fluide et facile, entre nous.

C'est un pari, la famille recomposée. C'est un pari risqué. C'est jouer avec des dés souvent pipés, c'est jouer selon des règles sur lesquelles nous n'avons que peu de prise. C'est donner beaucoup d'énergie, de capacité à rêver, de soi. Avec un résultat dont le décodage nous échappe.

Je souhaite courage, abnégation, humilité infinie à tous les recomposés actuels ou à venir. Parce qu'il n'y a nulle recette infaillible et que sur le métier l'ouvrage est remis un millier de fois.

Parce que rien n'est jamais acquis. Rien n'est non plus à jamais perdu.


To whom it may concern...

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lundi, mai 24, 2010

Vanité, vanité...

Pas la tête à ça. Pas la tête à ici.

Avec les beaux jours, les adventices sont de plus en plus présentes. Elle ont passé l'hiver au chaud, oubliées dans nos esprits occupés à maintenir le cap et tisser des garde-fous.

Elles refont surface avec violence. Elles ne sont pas venues seules, elles sont accompagnées de leurs collatéraux.

Des années de lutte(s) vaine(s).
Qu'il est difficile de regarder l'un de ses enfants sombrer, parce qu'il refuse toute aide, toute main tendue depuis des années. Et pourtant, de partout elles sont venues, les mains amies.

Fluctuat nec mergitur...

Notre famille recomposée est faite d'autant de radeaux bringuebalants, rattachés au radeau-mère... Rattachés... Ou pas.

Je cherche une nouvelle prise. Nous cherchons tous. Avant qu'il ne sombre, corps et biens.





Chris Isaac

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jeudi, février 25, 2010

Boyz boyz boyz...

Ce matin, nos grands-16-ans se sont levés à l'aube. 10h et demi, en vacances, c'est l'aube pour eux, croyez-moi !

Après un petit déjeuner frugal (3 bols de lait, 1/2 paquet de céréales, 1 yaourt et 2 bananes) et une (longue) douche, ils se sont mis, chacun la sienne, à ranger avec frénésie leur antre. Ranger, ranger,empiler, jeter, aller même vider leur poubelle dans le container extérieur (houlàààà, ainsi donc ils savent où se trouve la poubelle extérieure...), sortir l'aspirateur et ... et... CHANGER LEURS DRAPS !! Si si ! Une première, foi de mater familias !

Le panier à linge de la buanderie a explosé tout d'un coup, débordant de chaussettes tirebouchonnées, de caleçons, de jeans aux bas déchiquetés, de T-shirts...

Pendant ce temps, je ricane en épluchant les oignons qui rejoindront les olives, les champignons et le sauté de porc du repas de midi.

Ils viennent tournoyer autour de moi "Quand est-ce qu'on mange ?" "Pas tout de suite".

Ils sont pressés... ils tournent en rond...

Moi je vous le dis, cet après-midi nous aurons des visites de filles ! Chacun la sienne.

Et ils profiteront de la configuration de la maison qui fait qu'ils peuvent recevoir leurs "invitées" directement dans leur antre, sans passer par la porte d'entrée principale, par la case "tu sonnes et tu rencontres les parents". La porte coulissante qui sépare leur domaine du reste de la maison sera discrètement tirée.


Et ils seront ce soir d'excellente humeur.



Ah, elles devraient venir plus souvent, les filles, à la maison ;-)

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vendredi, janvier 15, 2010

P.A.

Cède contre bons soins (bah oui, on n'est pas des brutes, quand même !) meute d'adolescents mâles.
Nombreux modèles au choix, éduqués à la propreté et à la politesse, sportifs et très sociables.
Vaccinations OK (sauf immunisation récente déjà existante)
Scolarité OK
Dotés d'un esprit d'initiative maximum
Livrés avec quelques amplis de 500 w et enceintes ad hoc, guitares et basses, de nombreux amis et copains, quelques planches de snowboard et chaussures adéquates.
Disponibles de suite.
Articles d'occasion, ni repris ni échangés.




Voilà, ça va mieux.

Pour de vrai.

Et c'est reparti pour un tour.

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jeudi, janvier 14, 2010

Doûtes et certitudes

Il y a des jours où l'évidence vous apparait aussi clairement que la montagne après la pluie. Des jours où cette évidence s'évapore, devient aussi opaque que le brouillard de Janvier.

La certitude du jour... qui n'en sera probablement plus une demain :

La famille recomposée, à terme, est un leurre. Un mirage.


Qu'on se le dise.
Les blogueurs "recomposés" kimelisent sauront de quoi je parle... c'est un sentiment qui nous étreint tous à intervalles réguliers...

J'y reviendrai.

Ou pas.

PS : rappelez-moi, dans une prochaine vie, de me réincarner en mineral. Rien de vivant en tous cas.

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vendredi, novembre 06, 2009

Vénère...

Enervée...
Furieuse...
Verte de rage...
Indignée...

On croyait l'affaire close... du moins, nous nous satisfaisions d'un certain stand-by... C'était utopique. Comme de cacher la poussière sous le tapis... Les adventices repoussent toujours...

Bis repetita.

Same player, shoot again.

Cette fois, les garçons ont dit OUI au protocole. Par lassitude. Pour en finir "avec ce truc qui ressemble à rien".
Pour évaluer leur pleine et entière adhésion, ils ont été reçus une seule fois, 15 mn chacun. "Tu es d'accord ? ça va bien à l'école, pas trop perturbé ? Non ?"
Bon OK, adjugé. Aucun dégât collatéral constaté.
Bien sûr je n'étais pas au courant... cette fois. Sinon, j'aurais fourni moults et moults preuves des dégats collatéraux que les fidèles de ce blog connaissent bien mieux que leur propre père (père ?!)

Pour faire court, à une opération suivra un changement d'identité administrative... le 1 du numéro INSEE deviendra un 2 et les garçons n'auront légalement plus de père existant. Même pas un père mort. Génération spontannée. Surgis du néant. (ça va être pratique pour leur faire faire un passeport ou leur renouveler leur carte d'identité...) Forcément une déchéance paternelle de l'autorité parentale de fait (pas une mauvaise chose, en ce qui nous concerne ... le quotidien sera plus clair... et le rôle de Doux qui les élève en sera également plus lisible)

N'empêche... plus de 7 années passées à étayer. A réparer sans relâche. Encore et toujours. A écoper en permanence, quand c'est colmaté avec l'un, c'est l'autre qui prend l'eau... Encore de longs mois usants à venir. A écoper encore et toujours. Mais le bateau prend déjà l'eau à gros bouillons, plus rapidement que ne peuvent souquer nos petites mains aimantes, à Doux et à moi. Des ados qui ruent trop violemment dans les brancards. Qui flirtent avec les limites. Toutes les limites. Tout le temps. Rattraper in extremis chaque fois, tout en surveillant attentivement les frères d'un oeil est un exercice dans lequel nous devenons experts, Doux et moi.
C'est un exercice épuisant. Usant. Les batteries ne se rechargent plus à mesure. Notre rôle est ingrat au possible. Il n'est qu'ingrat, d'ailleurs.

Et je suis fatiguée. Lasse. Epuisée. Je n'en peux plus de ne plus dormir depuis 8 ans.

Vraiment. Vous n'imaginez pas à quel point...

Dans les semaines, les mois à venir, j'aurai besoin de toute l'energie-que-je-n'ai-pas-mais-qu'il- faudra-bien-que-j'aie-quand-même. Je serai probablement moins présente ici. Chez vous, probablement moins bavarde également. Mais sans mots ici.

Ou alors, avec les mots de Nono, des mots plus durs et plus violents. Mon exutoire.

C'est bien tout ce qui sort de moi aujourd'hui...

Plus l'envie de rentrer chez moi le soir. Mais je vais rentrer quand même. Affronter tout ça. Bon an mal an.

Mais ce soir c'est week end... alors bon week end à vous.

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lundi, août 24, 2009

Boulet-Land

Je voulais vous raconter une histoire de cheveux... des longs. Et puis des courts, aussi. Ce sera pour plus tard, l'Histoire quotidienne et son lot d'événements-surprises fera l'actualité du jour.

Je m'absente à midi une demie heure. Oh, juste un mini aller-retour pour récupérer le Lapin au centre aéré. Et un passage éclair chez le boucher pour acheter 6 entrecôtes, et ainsi plaire à mézados. Ne suis-je pas une brave Mater Familias ?

En rentrant, je suis assaillie par un Zébulon bondissant et une effervescence électrique plus qu'inquiétante. Les uns circulent des serpillères à la main, les autres jettent des mots en vrac et je comprends quelque chose comme "cassé", qui revient souvent dans les jets de phrases. Cassé+serpillères+WC ... les connexions se font vite dans mon cerveau de mère multitâche. WC cassés... dans une maison neuve, ça n'a rien à voir avec une quelconque vétusté. Je monte quatre à quatre les escaliers de l'étage (je n'ai qu'à suivre les porteurs de serpillères...) et je constate l'ampleur des dégâts...

Ainé et Numéro deux se sont battus. Comme souvent, "guerre fratricide" n'est pas un mot creux chez nous, hélas. Et bien sûr, ils n'ont pas trouvé d'autres endroits pour leur tournoi amical que la salle de bain du haut. Jusqu'à ce que l'un d'entre eux tombe, de tous ses 60 kilos + la poussée de la chute accélérée par une puissante avancée du bras fraternel, sur le réservoir des toilettes. Qui en mille morceaux sous le choc se brisa. Tout net. Chasse d'eau incluse. Tuyaux pliés en deux. L'eau qui s'écoule à l'étage en dessous sur les étagères de la buanderie... Souquez, matelots, souquez, il en restera toujours quelque chose...

Je vocifère, je vitupère, je m'égosille et tempête tant et plus. Lapin en pleure de peur, les garçons en sont tous contrits. Et je suis accablée... Ainé se met en devoir de ramasser les morceaux de faïence. S'en plante un beau dans le doigt. Saigne à gros bouillons et essaie de dissimuler l'affaire dans une serviette de toilette....
(Nettoyage, peu de mal, Steristrip est mon ami pour la vie !)

Pour atténuer l'orage, amadouer la mère déchainée, Zébulon s'empresse de débarrasser le lave-vaisselle. Spontanément. Ou presque. Se cale un saladier de pyrex sous le bras, une pile de verres dans l'autre main et de la main libre (celle dont l'aisselle coince le saladier...) tente d'ouvrir un tiroir. On est surhomme ou on ne l'est pas... il ne l'est pas, je peux vous l'assurer à présent. Et devinez donc ce qu'il arriva ? Le saladier chut. Et, tout penaud, qu'entreprit donc de faire mon Zébulon paniqué ? Il entreprit de ramasser un à un à la main les éclats de pyrex. Et advint ce qui devait advenir... Heureusement, je n'avais pas encore rangé mon désinfectant et mon huile essentielle de ciste hémostatique...

Pendant ce temps...
Souvenez-vous, je suis rentrée avec un bon kilo de superbes entrecôtes fraîchement découpées par mon boucher (peu souriant mais on s'en fout sa viande est excellente !)Plus quelques menues courses. Comme un bac de sorbet aux lytchees. Sac que j'ai lâché au sol à l'annonce des dégâts. Pendant ce temps, donc, certains chatons à l'odorat fin, peu impressionnés par les cris et nullement concernés par le tapage, d'ailleurs, ont flairé le bon filon. Tranquilles. Je te planque le sachet discrètement sous le buffet rouge et je fais ma petite affaire en tout intimité.

J'ai sauvé le repas familial in extremis.

Les garçons en sont quitte pour des Travaux d'Interêt Généraux jusqu'aux vacances de Toussaints. Ponctionner sur l'argent de poche ? De toutes façons, Ainé n'en a plus jusqu'en Novembre, à cause du paiement d'une certaine amende... TIG familiaux : tondre la pelouse (enfin, bon, ce que l'été aura laissé...), ménage, table et lave-vaisselle. Et puis je trouverai bien, ce ne sont pas les tâches domestiques qui manquent au château.

Bienvenue chez nous à Boulets-Land...
Tout n'est pas perdu. j'ai refait des yaourts au four, avec de la confiture au fond. 20 yaourts, je vis dangereusement, je sais. Tous réussis et bien fermes.

Je vais de ce pas faire une double bordée de chocolate oatmeal and raisin cookies de chez Martha Stewart pour me calmer.

Il est temps que les vacances se terminent, vite, que l'école m'embesogne à nouveau mes trop oisifs oisillons.

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samedi, août 01, 2009

Fête des enfants !

Ayé, Ainé a accepté de partir chez son père... juste un week end au lieu des deux semaines juridiquement prévues. Il avait prévu d'aller à une soirée chez un pote hier soir. J'ai laissé son père gérer l'aller et le retour.

10h48 ce matin. Tululululu... Tuluululu.... (téléphone)

- Allo ? Maman ?

- Oui...

- Est-ce que tu peux venir me chercher, s'il te plait ?

- Euh...

- A la gendarmerie de Ch***

Soupir.
Arrêté sans casque à l'arrière du scooter du pote qui le ramenait chez son père. A 40 km de leur lieu de festivités.

Vous pouvez me dire ce qu'ils ont dans le crâne, nos jeunes ? Franchement...

Et pourquoi n'a-t-il pas appelé son père, qu'il vienne le chercher soit à la gendarmerie soit chez son pote (pure question pour rire, j'imagine le père débarquer en geisha chez les gendarmes ou chez les parents du copain ...)

En scoot' sans casque... c'est pas comme si on n'en avait jamais parlé... hein...
Son père vient le chercher chez moi. Surpris.

- A quatorze ans, quand même, ça craind...

- Euh... ton fils n'a pas quatorze ans il en a bientôt seize...

Moi je vous le dis, chuis pas aidée...

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mardi, juillet 28, 2009

Les vacances...

...le camping à la montagne... c'est :

* 02h23... Température extérieure : 8°C. Taux d'humidité 90%. Température à l'intérieur du duvet : 28°. Taux d'humidité 98%.
On décide que finalement on n'a pas tant que ça envie de faire pipi.

* 03h07. En fait, si...

* Le cri nocturne de la fermeture Eclair. Ziiiiiippppp... du duvet. Ramper laborieusement en enjambant Doux en direction de l'entrée. Tenter un ziiiiippp délicat mais marcher sur un coude qui traine. Grognements. A-t-on idée de laisser trainer ses bras en dehors de sa couette, par le froid qui court ? A nouveau ziiiiiiippppp de l'entrée de la tente (oui, nous avons des tentes avec des "chambres", trop classe !) Froisser de ses pas l'herbe jaune et craquante sous la lumière des étoiles... on pourrait presque s'attarder à décrypter les constellations et admirer la voie lactée si on n'avait pas un peu frais dans ses tongs.

* Lapin qui prévient avec force cris tout le camping à 4h du matin qu'elle a fait pipi dans son duvet... On est ravi...

* Se féliciter d'avoir été bien inspirée en prenant des polaires et des chaussettes autant que des débardeurs et des shorts. Parce qu'on se souvient d'une certaine nuit de juillet au lac d'Issarlès où par 03°C nous mettions des chaussettes en guise de moufles à un Lapin de 3 mois avant de la glisser dans le duvet avec nous...

* Ne pas oublier de prendre son anti-histaminique favori avant d'aller visiter la distillerie de lavande et s'en prendre plein le nez des 400 kgs de poussières et de pollen des fleurettes mauves... S'acheter un litre d'eau de lavande pour moins cher que les 250 ml au fournisseur habituel que déjà on trouvait pas cher... En profiter pour acheter l'huile essentielle par flacon de 125 ml...

* Se dire que finalement on devrait aller camper en Hollande, il ne doit plus rester grand monde là-haut... (ceux qui ont l'habitude de fréquenter les campings français comprendront ! ) et se demander pourquoi ils ont l'instinct si grégaire...

* Ne pas tremper un pied dans les superbes torrents, rivières et "marmites" de montagne... être impressionnée par cette faculté qu'ont les zados de se jeter à moitié nus dans une eau certes limpide mais tout de même largement en dessous des 25° tolérables...

* Manger plein de trucs que jamais au grand jamais je n'achète le reste du temps : chips, Nutella, lentilles-saucisses en boite...

* Assister, participer par procuration au démontage et remontage d'une yourte... Pour la première fois, regretter de n'avoir pas réservé à temps une nuit en yourte. Se promettre de venir essayer en hiver.

* Escalade. Accrobranches. Ne pas se lasser de l'imposante masse granitique des aiguilles dressées vers le ciel. L'odeur de la pierre chaude au soleil. Des résineux à l'ombre. De la mousse. Le bruissement discret du riou qui descend des névés. Les oiseaux. Le chuchotement du vent dans les feuilles. Le temps s'arrête.

* Faire une heure de route pour aller voir le grand lac et le barrage plus loin vers le sud. Embouteillage. Cagnard de plomb. Sardines humaines sur les rives enherbées du lac. Jeter en passant un coup d'oeil aux campings au bord de l'eau et ne pas regretter son choix.

* Se faire piquer par un moustique sur le bord intérieur de l'omoplate, là où il est humainement impossible de se gratter. Même à se contorsionner ridiculement.

* Prendre sa douche sans quitter ses tongs.

* Avoir encore une fois investi en vain dans des cahiers de vacances qui ne serviront au mieux que deux fois. Laborieusement.

* Rentrer par le chemin des écoliers. Trouver sa maison immeeeeeeeeeense en rentrant. Apprécier le confort d'un vrai lit (même si aujourd'hui on fait des matelas de camping aussi chers que confortables...), d'une vraie douche avec eau chaude à volonté. Le confort d'un lave-vaisselle. D'un frigo.

* Faire tourner la machine à laver et le sêche-linge en continu.

* Penser déjà à l'année prochaine.

* Et puis se dire que les vacances ne sont pas finies, il reste encore TOOOOOOUT le mois d'Août !


Photos à venir. Quand elles daigneront quitter l'appareil de Doux...

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lundi, juillet 20, 2009

Holiday






Derniers préparatifs. Au dernier moment. Improvisation. Nous passons l'année scolaire à organiser... organiser au millimètre près. Alors nos vacances (là-dessus Doux et moi sommes encore une fois en accord parfait), nous les improvisons. Pour la 7ème année. Les tentes, les duvets, les caisses pleines comme pour vivre en autarcie pendant une durée que nous ignorons (nous partons... pour 3 jours, 7 jours... on ne sait jamais !)

Encore une fois à la montagne. je n'ai pas pu me résigner à satisfaire la requête de nozados, soit "au bord de la mer là où y a du monde". La perspective de la foule, du plein cagnard qui tape dès 8h, de la poussière, du bruit, des soirées Miss camping ou karaoké ou Claude François dans une usine de 200 emplacements ... jusqu'au dernier moment je n'ai pas pu !

Je veux du calme... du vert, de la chlorophylle partout autour de moi.


A bientôt...donc


PS [mode geek on]: obligée de "captchaïser" le blog parce que chuis spammée à mort en ce moment ! [mode geek off !]

PPS pour Anne : on appelle la veille au soir, quand même !

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samedi, juillet 11, 2009

Carpe Diem...





Merci.
Merci à vous, merci pour vos commentaires du billet précédent, merci à Célestine de m'avoir répondu en guise de billet chez elle. Merci à Co de Contes pour son premier commentaire.
Vos commentaires allègent la culpabilité de ne pouvoir rendre la vie facile à mes enfants. En mère poule que je suis également (Aile saura de quoi je parle !) j'aurais aimé qu'ils développent leur enfance sur l'ouate d'un beau tapis rouge, qu'ils puissent pousser à l'abri de grosses contrariétés et qu'ils entrent ainsi dans la vie d'adulte bien mûrs et forts de mon amour immense. Mais c'est sans compter sur les imprévisibles. Je fais au mieux, même si ce au mieux ne me satisfait pas. Je fais comme je peux. Et finalement ils ne s'en sortent "pas si mal". On se contentera de ce "pas si mal"...

J'étais partie pour vous dire ma sérénité toute relative de cette semaine. Première semaine de vacances avant d'entamer les" urgences-à-faire-d'urgence-absolument-avant-la-rentrée".

Nous avons remis nos grosses chaussures, ça faisait longtemps.
Préparé nos pic-nics. Et pour reprendre contact, crotté nos chaussures sur les sentiers vers les alpages. Ramassé les fraises des bois, regardé le lys sauvage et la vallée à nos pieds. Par temps couvert, l'odeur était aux humus et à la terre mouillée, aux feuilles froissées ; la falaise imposante et l"homme tout petit.


Finalement, pourquoi est-ce que je cherche encore un lieu de vacances alors que j'ai ce paradis à 10 mn de la maison ?

Bon sang que j'aime la montagne... avec mes tripes, de tout mon corps, de tous mes pores, autant que j'aime mes enfants et mon Doux.

Rentrée apaisée, le sac plein de millepertuis (hypericum perforatum) à mettre macérer dans l'huile qui rougit. Pour les tambouilles cicatrisantes à venir.


Cette semaine, Ainé n'est pas parti chez son père. De ci-de là. De grands-parents paternels en tante et en copains.

Ce matin, la porte d'entrée s'ouvre, dans un élan caractéristique que je reconnais de suite.

- 'lut m'man !


Je fais comme si je n'étais ni surprise ni folle de joie. Finalement, d'hébergement familial chez les grands-parents paternels ou chez la tante il n'a pas été question. Il n'y était pas le bienvenu.

Pendant 7 jours, il s'est débrouillé de ci-de là, entre les copains et une cousine. Cet enfant de presque 16 ans est débrouillard, certes, mais il était officiellement supposé se trouver sous la responsabilité d'un adulte sis à plus de 150 kms... Sans commentaire. Je récupère mon poussinou les bras grands ouverts. Hirsute et fatigué.

- Tu vas chez ton père quand même, finalement ?

- Ouais... p'tête lundi...

-...

- Ou mardi alors.

- Mardi c'est férié, tu risques d'avoir moins de trains pour y aller.

- Ah ouais... ben mercredi, alors... on rentre quand, ici ?

- Vendredi après-midi.

- Ah ouais... ben dans ce cas... pour deux jours...

- Tu fais comme tu veux. Je suis contente de te voir.

- Ouais. Moi aussi.

Yipaaaaaaaaaa !

Et comme je suis trop une méchante, oups ... j'ai oublié de prévenir son père que le fils était chez moi.

Bah, je téléphonerai demain.

Si j'y pense.


Cadeau bonus... en exclu mondiale...





y a plus de photo !

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samedi, juillet 04, 2009

J'irai pas chez mon père, c'est mort !

Les récriminations ont commencé il y a une dizaine de jours. "J'irai pas chez mon père, c'est mort". Décliné sur tous les tons, dans tous les niveaux de langage (avec une préférence pour le familier, on s'en doute...) et en stéréo, en duo, a cappella et en canon.

Depuis plus d'une année, nous avons droit aux mêmes angoisses, à l'identique répétées un week end sur deux et la moitié des vacances scolaires. A l'identique, je leur réponds de voir ça directement avec leur père, d'enfin oser l'affronter, au lieu de nous faire ici payer double leur contrariété.
Ils ont 15 et demi et 14 ans, savent ce dont ils ne veulent plus, parviennent peu à peu à le dire au lieu de somatiser à l'approche des dates fatidiques. Combien de douleurs d'estomac déclenchées dès le vendredi matin, combien de violences contenues dès la veille, de tension palpable qui monte... Prisonniers d'un chantage affectif depuis 7 ans maintenant. Grandir avec ça devient trop lourd pour des ados. Handicapant. Lourd pour nous tous. Rien n'étant jamais acquis, surtout avec leur père, nous savons Doux et moi qu'à terme le fragile équilibre du "droit de visite et d'hébergement" imposé par un jugement ne tient qu'à un fil : celui de sa fluctuante bonne volonté. Toutefois, pour lui, ses enfants restent un repère, le seul fil d'une socialisation normale. L'antichambre de la désocialisation. A la précarité financière, il a déjà ajouté la misère intellectuelle et morale, l'instabilité psychologique, la précarité d'un domicile non fixe, le transexualisme. Faisant grandir ses fils avec cette honte de leur père. "C'est comme ça et pas autrement". Ils ruent dans les brancarts, ils ont mal, ils sont mis au pied du mur, ils font avec, douloureusement. Inutile de préciser qu'à chacun de leur départ, mon coeur de mère s'angoisse.


Ils ne veulent plus y aller. Plus du tout. Hier, la violence a monté dans la journée. Par pallier à mesure que l'heure fatidique approchait.

- j'irai pas, c'est mort.

S'en est suivi une discussion houleuse avec leur père sur le parking devant ma porte. Il ne cède pas d'un pouce. Jamais. Pour quiconque. Pas même pour ses enfants. Celui qui avait dit, si sûr de lui, "de toutes façons l'amour d'un enfant est acquis aux parents", sans se douter que, de l'autre côté, ses propres fils déclaraient que "les parents, ils faut qu'ils méritent l'amour que les enfants leur portent, on n'est pas obligés d'aimer ses parents". Au milieu de tout cela, il devrait y avoir, ou pas, le respect.

Bien sûr que j'aurais aimé les garder près de moi tout l'été, mais leur père étant un procédurier de premier ordre (j'ai déjà frôlé l'enquête sociale, la plainte pour maltraitance... par vengeance parce que mon départ brutal il y a plus de 7 ans n'a toujours pas été digéré, parce que sa rancune est tenace et, chevillée à son corps aujourd'hui ridiculement féminisé, c'est elle qui le maintient en vie...), je ne peux pas me permettre de risquer une "non présentation d'enfant". Les garçons le savent. Ils savent que la solution réside dans une modification officielle des droits de visite à leur demande. Jusqu'à présent, cette démarche était trop difficile pour eux, l'expression d'un rejet flagrant officialisé.

Aujourd'hui ils semblent prêts. Ils le demandent. Ils l'ont dit hier. Ils veulent parler à un juge. Enfin. Les psychologues qui les suivaient/portaient il y a quelques années avaient conseillé qu'ils coupent les ponts, afin de mieux se reconstruire. Eux ne le souhaitaient pas, ils étaient encore trop jeunes et gardaient l'espoir d'un père. Attraction-répulsion. Mais avec le temps, ils ont perdu le souvenir de ce qu'était leur père. Ils ont reporté leur amour filial ailleurs.
Avec Doux et ses enfants, nous avons pansé leurs déceptions à chacun de leurs retours au bercail. Ils ont souhaité changer de nom. Mais ça n'est pas possible. Ils ont souhaité se faire adopter par Doux. Mais tout ça n'est pas possible. Les conditions ne sont pas réunies. Leur hantise, celle qui peuple de cauchemars les nuits de Numéro2, c'est qu'ils retournent chez leur père s'il m'arrivait quelque chose. Je ne peux pas les rassurer. Je ne peux que tout faire pour rester en bonne santé et faire attention au volant.

Hier soir, leur départ a été houleux. Je leur ai dit de parler à leur père, j'ai dit à leur père de parler avec eux. C'est tout ce que je peux faire. J'aurais pu lui dire les attentes de ses fils, j'aurais pu lui dire ses efforts vainement attendus, j'aurais pu lui dire leur intense frustration. Mais lui ouvrir les yeux et les oreilles n'est plus mon rôle à présent.
Il leur a fallu près d'une heure pour quitter la maison. Monter dans la voiture. En redescendre. Venir pleurer dans leur chambre en claquant la porte. Proposer de se réfugier 15 j chez un copain. Se laisser convaincre. Repartir dans la voiture et revenir dans la maison...etc.

Des larmes de part et d'autre. Comment laisser sereinement partir ses enfants dans ces conditions ? C'est la dernière fois. En Août ils resteront là, advienne ce qu'il adviendra.
Maintenant, je vais sortir l'artillerie lourde. Ils ont déjà et malgré tout tellement porté...

La machine est lancée à nouveau. Avocat, huissier, JAF. Pour que leur douleur s'apaise. Pour qu'il fassent sereinement le deuil de leur père.

NB : pour ceux qui n'auraient pas suivi ces aventures là depuis le début, il ne s'agit pas d'enlever ses enfants à un père aimant... ledit père n'étant plus vraiment un père -lire ou relire là, les vies d'Elle.

La famille recomposée est déjà un exercice périlleux en lui-même, toujours en construction, en mouvement perpétuel. Protéiforme, comme les Barbapapa. Si l'on y ajoute les casseroles et les histoires non réglées de chacun, elle devient une laborieuse jonglerie permanente. Pour me défouler, j'ai pris les gros sécateurs et j'ai taillé dans le forsythia, pour libérer le rosier liane caché derrière ; j'ai taillé comme une damnée dans le cognassier du Japon son voisin pour laisser de la lumière aux althéas bleues et du mouvement au chèvrefeuille parfumé. Doux a regardé le tas de branches à mes pieds et m'a emmenée au restaurant. Au bord de l'eau.

Il m'a rappelé qu'il était là. Que nous avions réussi "notre famille". Parce que oui, nous sommes une famille. Bien plus que nous n'avions pu l'être dans nos vies précédentes.

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jeudi, février 05, 2009

Histoire de cordes...

Deux de nozados font de la guitare depuis trois ans. Ou quatre, je ne sais plus. Plutôt, une guitare et une basse. Plusieurs guitares et plusieurs basses, en fait. Ces outils-là fonctionnent avec des cordes. Rapidement cassées, bien sûr. Non, non, ne me demandez pas comment on peut casser une corde métallique, j'en sais rien. J'avoue que j'ai essayé en douce et j'ai bien failli me tronçonner tous les doigts ! Toujours est-il que ça casse à mon gôut trop souvent. Vu que c'est moi qui les achète (et eux qui paient, je rappelle)

Hier soir, sur un célèbre site d'enchères (mais qui ne fait pas que des enchères et pas que de l'occase) j'achète à mon vendeur pro habituel un sachet de cordes pour guitare électrique (bonne âme, j'ai failli acheter en même temps un lot de 50 médiators mais l'idée de les retrouver, comme les précédents, dans la machine à laver ou dans le filtre du sèche-linge a refroidi ma générosité au dernier moment).
Ce matin, je consulte quand même en détail l'annonce de mon achat et ... ZUUUUT.... la boulette. Oh purée, j'ai pas pris les bonnes cordes... C'est pourtant bien indiqué "cordes en acier nickelé pour guitare électrique", ça devrait être les bonnes...

Contrite, j'en parle à mes deux gratteux

- y a un soucis avec les cordes que j'ai achetées... j'ai pas fait attention mais c'est un paquet de six cordes.

4 z'yeux, 2 ados, un peu plus de 30 ans à eux deux, me dévisagent, attendent la suite de ma révélation.

- Et alors ?

- ben, y a 6 cordes, quoi...

- Et ben, oui, il y a 6 cordes, et alors ?

- ben... y en a une en trop...

Et là... 4 z'yeux, 2 ados, à peine plus de 30 ans à eux deux me fixent comme s'ils allaient me passer le pyjama blanc aux longues manches qui s'attachent dans le dos... Ainé, mon poussinou, mon bébé, mon tout-petit a un air tellement accablé qu'il en fait demi-tour en soupirant et s'en retourne vers sa grotte. En face de moi, Beau-fils, plein de compassion. Il sourit. Il est gentil avec les simples d'esprits.

- Il y en a toujours six, des cordes sur une guitare..

- HAN ?! T'es sûr ??!!

- ben, c'est vrai que des fois y en a que 5...

- Ah..!!! je savais bien, et Ainé c'est une guitare à 5 cordes, qu'il a ?

- Oui. Parcequ'il en a pété une.

Et de m'entrainer vers la chambre pour me montrer, plein de pédagogie et preuve à l'appui...

- tu vois, une, deux, trois, quatre, cinq et six mais là elle est cassée.

Je m'enfonce...j'y crois dur comme fer à cette histoire de guitare à 5 cordes.

- y a pas de guitares à 5 cordes ?! C'est sûr ?

- Bah ouais... (et il n'en peut plus de se retenir de rire...)

Je m'en retourne, pas franchement convaincue. Y a un truc qui me chagrine. N'ayant pas peur d'affronter à nouveau le ridicule (j'ai déjà grillé 80% de ma crédibilité auprès des ados, c'est top pour mon image d'autorité...) je narre ma mésaventure à Doux.
Comme prévu, j'ai droit à un regard affligé... il n'en croit pas ses oreilles... mais j'ai mon explication.

- Il existe des basses à 5 cordes ...

Je ne dis rien d'autre que
- haaaaa.... okêêêêê.....

J'en étais restée aux basses à 4 cordes mais là, pleine de doutes d'un coup, il m'aurait dit que les basses avaient 8 cordes, je l'aurais pris pour argent comptant !

Oh purée... c'est bien compliqué pour moi ces histoires de cordes !!!

Je dois parfois avoir des cheveux qui poussent blonds à l'intérieur de mon crâne... (amie blondes, pardon !)

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jeudi, octobre 02, 2008

In the mood for love...

Edit du 22/10
Merci. Merci pour tous vos commentaires. Avec tout ça, je me sens plus légère. Un peu. Merci de votre compréhension, de vos témoignages (merci Léa) et de votre tentative d'alléger ma culpabilité. Je fais avec. J'y pense et puis j'oublie. Jusqu'à ce que j'y pense à nouveau. Mais ça reste là, comme un échec non digéré. Qui s'en va rejoindre tous les autres échecs volontaires ou pas. En tous cas, tout ça n'a pas entamé l'amour que nous avons Doux et moi (l'ont constaté celles qui nous connaissent "en vrai") et la foi que nous avons en notre "recomposition". Qui aujourd'hui fonctionne à merveille sans grincement aucun. Et j'aime voir notre fonctionnement au quotidien.
Désolée pour ma présence en pointillé, je traine ma lassitude d'automne et mon énergie s'effiloche.



Elle est entrée dans la pièce, flanquée de ses lieutenants pour la circonstance. Les garçons se tenaient près d'elle, légèrement en retrait. Elle était le porte-parole, le porte-drapeau de la troupe. Autoproclamé. Les garçons lui laissaient volontiers ce rôle-là, ils préfèrent être dans l'action du quotidien ou la revendication immédiate.

- Nous voulons une réunion de famille de ce soir, d'urgence. C'est important. Excusez-nous, les invités, mais après ce ne sera plus possible.

Impérieuse. Impatiente. Pressée. Nous avions des amis à la maison ce soir-là que nous avons du planter tous seuls au milieu du salon... ça sentait l'engatz. A plein nez. Mais pas moyen de reculer, de se défiler. Après tout, nous avions tant vanté notre ouverture et notre capacité de parents à écouter les remarques quelles qu'elles puissent être qu'il ya bien un moment il où faudrait l'assumer de plein fouet. Rappelez-moi dans une prochaine vie d'être une mère intolérante, égoïste et sourde, s'il vous plait. Si vous voyez que je reprends ce même travers qui me pourrit la vie, vous avez le droit de me coller deux baffes. Je peux vous signer une décharge, si vous voulez...

Nous voilà donc rapatriés sur la pelouse du jardin. Début de soirée. J'espèrais que ça ne durerait pas trop longtemps cette affaire de gosses, qu'on en finisse au plus vite de ces récriminations adolescentes. Autant j'aurais accueilli la mise en scène avec sérénité venant des garçons et uniquement d'eux, autant là, drainée par elle, je sentais mauvaise tournure. Ça sentait le paté moisi, je vous dis.
Mais aussi suspicieuse que je pouvais l'être, je ne savais pas encore que l'odeur n'était rien à côté du goût, une fois qu'on m'aurait enfourné ça de force dans la gueule. Un goût de vieille revanche mijotée, mâchonnée, ruminée, régurgitée, ravalée pour mieux déferler ensuite. Un vieux goût de haine qui a grandi à l'ombre de moi, qui s'est développé, épanoui derrière des sourires de Joker. J'avais déjà entrevu que nos relations n'étaient pas idéales. J'en ai déjà parlé ici.

On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif, dans une famille-puzzle ,il faut que chacun accepte le projet sinon l'ensemble n'est pas viable.

Un à un, les garçons ont commencé à parler, des revendications classiques, "laissez-nous plus de liberté", "faites-nous un peu confiance", ""ne nous imposez pas votre façon de vivre on veut vivre à notre manière"... Les rôles étaient bien répartis, les textes bien appris, trop bien même, ça sentait trop la récitation, les récriminations toutes neuves jamais entendues jusque là et dans lesquelles nous ne nous reconnaissions pas. Les mots de quelqu'un d'autre dans leur bouche . Et ça sonnait étrangement, ça n'est pas vraisemblable... A nos questionnements ils ne savaient pas répondre, forcément, comme ces jeunes fanatiques embrigadés qui récitent un texte appris la veille mais dont ils ignorent la signification et la portée.

Puis, voyant ses troupes en difficulté, elle a pris la parole, elle a remis le bateau à flot, a repris la barre d'une main ferme et a parlé. Parlé. Parlé. Déversé en une heure des années de haine et de frustration. De mépris. De déni. De refus violent. Du refus violent de moi, de la vie que nous avons construit son père et moi, du refus de ma place de belle-mère, de la place de compagne de son père à la place d'une autre, de sa simple place à elle de fille de la maison... 5 années de cohabitation ont ainsi volé en éclat. Je n'étais juste pas à la bonne place au bon moment.

Pendant 6 ans, dont 5 de cohabitation, j'ai ouvert mes bras, mon coeur de (belle-)mère, ma patience. Pour finir par m'entendre dire les pire horreurs. Sans le minimum de diplomatie auquel apparemment je n 'avais pas droit, sans respect aucun, sous le prétexte qu'à 18 ans on a le droit de vote donc le droit de tout dire , n'importe où, n'importe comment et à n'importe qui, le droit de tout faire sans conséquence aucune. Des mots lourds, bilieux, crachés avec haine par saccades. Je ne sais toujours pas ce qui est le plus dur à encaisser, du fond ou de la forme.

A vouloir ménager la chèvre et le chou, une situation pourrie s'est installée pendant toutes ces années, comme un abcès non soigné qui sourd à l'intérieur et qui affleure parfois. Sans jamais mûrir,puis se résorbe à nouveau. Le chaud et le froid. J'ai compris qu'il était douloureux pour un père de devoir choisir entre sa compagne et sa fille, entre construire sa vie au présent ou complaire à ses enfants. J'ai compris, ou plutôt j'ai accepté cet inconfort d'un père, à tel point que j'ai supporté l'insupportable. J'ai supporté de nourrir tous les jours avec le sourire celle dont je savais le mépris. J'ai supporté tout ça vilement, je m'en veux aujourd'hui parce que cette servilité ressemble à ce qui j'ai fui dans ma précédente vie, comme si j'étais retombée dans cet affreux travers. Par amour. De mon plein gré, rampante.

Ce soir-là, quelque chose s'est cassé. Cassé en moi. Cassé dans notre quotidien à tous parce qu'elle est partie, parceque je ne souhaite pas qu'elle revienne, après tout ce qu'elle a dit de moi devant mes fils, après avoir essayé de les phagocyter contre moi. Je serais une mauvaise mère qui ne s'occupe pas de ses enfants, qui les laisse pousser tous seuls ,heureusement qu'ils ont croisé son chemin pour trouver enfin chaleur et attention, elle qui ne connait rien de leur passé, de ce qu'ils vivent en face... parce que les situations respectives sont bien étanches, les uns ignorant tout de ce que vivent les autres. C'est leur choix à eux, pour se protéger, pour faire de notre foyer ici un havre. Suppositions et conjectures personnelles.

Depuis, je ne peux m'empêcher de porter la lourde culpabilité et la responsabilité de l'echec relatif de la recomposition. Nous nous sommes cru Doux et moi plus forts . Pourtant, des 5 enfants de la tribu issus de nos vies antérieures, une seule a refusé le marché. Tout en acceptant les avantages de la famille élargie. Je ne peux m'empêcher de me dire que si je n'avais pas été là, s'il s 'était agit d'une autre personne que moi, la situation aurait été différente. J'ai vécu le mépris de mon ex-belle famille pendant des années, à peine ébranlée , stoïque quand même. J'ai vécu au préalable à l'adolescence des années de dictature militaire dont je n'ai pas parlé ici... Cette haine-là, jamais, une haine dont je n'aurais même pas cru qu'elle puisse émaner d'un être si jeune. J'aspirais, à 40 ans passés, à la simple tranquillité qui consiste à vivre selon ses propres choix, en accord avec soi-même. Et je m'en veux de m'être laissée prendre à ce piège-là une nouvelle fois. Par amour pour mon Doux.

Tout ça est trop lourd aujourd'hui. Je ne trouve plus ma place dans cette famille que j'ai participé à construire et une alarme s'est déclenché en moi il y a peu. Aujourd'hui je dois vivre avec la lourde responsabilité d'avoir séparé au quotidien un père et sa fille de 19 ans, alors qu'aucun d'eux n'était prêt au sevrage réciproque ... Même s'ils se voient très fréquemment, je sais que lui souffre de ne plus l'avoir à portée de voix, à portée de main. Maintenant, il faut également que je "partage" ma fille-Lapin avec sa demi-soeur selon son bon désir lorsque sa soeurette lui manque. Comme un droit de visite. Le beurre et l'argent du beurre. Moi mais sans moi. Annulée. Effacée. Déniée. Reniée. En transparence.

Et s'impose à moi la question dérangeante... jusqu'à quand supporterai-je cette situation ? Si seulement je pouvais me dépouiller de cette culpabilité (dont je m'affuble certainement toute seule...) pour continuer de vivre ma belle histoire avec Doux.

Lutter, et lutter toujours pour avoir le droit de vivre cette histoire, lutter contre nos ex qui n'admettent pas, lutter contre nos ex qui mettent des bâtons dans les roues de notre quotidien encore et toujours, lutter maintenant contre l'un de nos enfants.

J'ai besoin d'air, de beaucoup d'air. Et de me décharger de toutes mes culpabilités.
C'est dit.




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samedi, mai 31, 2008

Chers, chers, chers petits...

Ainé porte des lunettes depuis deux mois. Trois mois maxi. Depuis ce moment là, j'ai beaucoup d'appréhension...

- Ben, qu'est-ce qui est arrivé à tes lunettes ?

- Bah, elles sont cassées.

- Comment ça CASSEES ?! Tu plaisantes ?!! Comment tu t'es débrouillé pour casser la branche ?!

- Je les ai mises dans ma poche...

- Ah ben ça c'est malin.. franchement. Et ton étui rigide, il sert à quoi ?

- je l'ai perdu...

- Bravo... Où ça ? au collège ? A la maison ? Chez ton père ?

- J'en sais rien... quelque part...

- Ben tu vas prendre la paire de rechange, même si elle ne te plait pas, hein.

-...

- Quoi , qu'est-ce qu'il y a ?

- Beeen... la paire de rechange, elle était dans l'étui...



Vite, une corde que je me pende...

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mardi, février 26, 2008

Y a du roulis, y a du tangage...

free music




ça y est... Ils sont partis. La horde des Remuants a quitté notre nid pour aller s'égayer "en face". 24h après, j'apprécie le grand silence qui suit l'agitation de la semaine précédente. Quand je dis "grand silence" ça n'est pas tout à fait vrai, il reste un Lapin seule et désemparée qui occupe l'espace sonore ainsi libéré en promenant à toute berzingue une poussette de poupée sur du plancher en bois au son de cris de guerre tonitruants !

Je n'aime pas, je ne m'habitue toujours pas à l'instant qui suit immédiatement leur départ, les chambres vides d'eux mais pleines de leur désordre. Je m'inquiète et j'ai peur pour eux. Je n'aime pas les savoir loin de moi. Je n'ai pas confiance...

Pourtant, la semaine "avec eux" à temps plein n'a pas été de tout repos. Nous en sommes à la 3è crise d'adolescence "en rafale" et commençons à être un peu ébranlés. Sonnés. "no country for old men", ça n'est plus de notre âge. Elles sont de plus en plus virulentes semble-t-il. Celle de ma belle-fille s'est étirée longuement, me faisant découvrir à la fois vie en famille recomposée et crise d'adolescence. Elle s'est étirée en longueur, elle a enflée par moments mais c'était notre première...
Ensuite, mon Ainé a pris la relève, fulgurante. Aussi brève que violente. Mais brève. C'est aujourd'hui terminé, nous avons de la chance, notre santé mentale de parent n'aurait pas survécu à une attaque plus soutenue.

Elle a néanmoins chevauché celle du Numéro2... celui dont nous attendions avec angoisse la rébellion... celui dont nous pressentions qu'il serait le moins docile, celui qui ressent tout, qui n'accepte pas, sans compromis. Depuis plus d'un an, Doux et moi, nous naviguons à vue avec lui, dans la tempête. Il souffle le chaud et le froid, joue à l'ange et au démon en un même instant. Déstabilise, questionne. Déstabilise encore. En veut à la terre entière. Se venge sur nous. Qui encaissons.
Cette fois nous n'encaissons plus. Prendre les coups, prendre ses coups se fait au détriment du reste de la fratrie recomposée et ça n'est pas juste. Il a des comptes à régler et ça n'est pas avec nous, mais c'est nous qui sommes là. là pour ça. Notre sacerdoce de parents. Ma croix. A vie. Mon expiation (aaaah, j'avais déjà fait, pourtant, ce laborieux travail sur la culpabilité mais elle me rattrape, c'est atavique, c'est inhérent à ma nature ?)

Au milieu des récriminations en vrac, se dressait la difficulté à trouver sa place... pour lui, l'herbe semble plus verte ailleurs... Il en est persuadé. Après des nuits sans sommeil, je me rends à l'évidence : il lui faut faire cette expérience d'aller vivre un temps chez son père. A supposé que le père accède à ce désir... "sur le principe, je ne suis pas contre" a-t-il répondu..." il faut voir comment on peut organiser ça".
Même si, et ça n'est pas moi qui le dis, même si c'est le condamner. Parce qu'un ado de 13 ans ne sortira pas indemne d'un quotidien de plusieurs mois avec son père travesti ; parce qu'il n'est pas simple pour un ado scolarisé de vivre dans une caravane à longueur d'année ; parce qu'il ne lui sera pas facile de passer tous ces mois à manger et se vêtir Restau du Coeur et Emmaüs.

Mais s'il ne veut plus vivre ici, c'est son choix ; l'assumera-t-il ?

Reste la solution de l'internat...

Tout ça n'est pas simple. Tout ça me mine. Tout ça me fatigue.
Fatiguant d'être parent. Souvent.

Fatiguée d'être parent.

Parfois.

Là maintenant.



PS : allez voir "No country for old men", le dernier film des frères Cohen...



Edit du 03 mars...
J'ai récupéré ma nichée... calmée.

"Je veux pas aller habiter là-bas, ça va pas non ???!!!"

D'humeur charmante depuis son retour... 24h d'une rare trêve... un instant de grâce et de paix qu'on souhaite éternel...

Aura-t-il donc suffit d'une toute petite semaine, sept jours de rien du tout pour apaiser le tourbillon ?

A voir... pour l'instant je savoure, j'avais oublié comme il pouvait être adorable, mon poussin... à l'origine !
Merci à vous !

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jeudi, novembre 08, 2007

L'art est difficile...

Je me suis couchée hier soir en repensant au dernier billet de manman d’ados… qu’il est difficile… tellement difficile d’élever un adolescent au rang d’adulte, lui donner (contre son gré parfois…) les quelques menues bases qui lui permettront de trouver sa place dans notre monde… Je me suis couchée avec des pierres dans le ventre et le cœur dans un étau. Je me suis couchée alors que j’aurais préféré aller courir dehors et hurler à la lune pour évacuer ma colère et mon impuissance.
Je me suis couchée après une bouleversante altercation avec un ado en évidente souffrance, pétri de rage et de colère. Imaginez que vous avez devant vous un hérisson géant électrifié, qui irradie du 20 000 V tout autour de lui et qui crache des flammes à intervalles irréguliers. Qui se cogne à vous, qui se jette volontairement contre vous avec la force d’une division de panzers… Roseau, avec amour vous pliez… parfois à terre vous vous cognez le nez… puis vous vous relevez parce que vos tripes vous disent qu’il a besoin de vous solide, qu’il se heurte pour mieux tester votre résistance, pour savoir jusqu’où votre pont de singe est solide et fiable…. Savoir s’il peut en confiance avancer vers la rive de l’âge adulte…

Je me suis relevée hier soir en l’entendant pleurer bruyamment dans la salle de bain, caché dans le noir derrière la porte… j’ai embrassé son mètre 67 mais je n’ai pas pu éteindre sa douleur. Il a gardé les bras ostensiblement croisés sur sa poitrine, il est resté plié en deux. Il m’avait jeté sa rage au visage peu de temps auparavant , il avait déversé sur moi des flots de mots durs qui probablement ne m’étaient pas destinés. Mais c’est moi qui étais là, parce que je suis toujours là, parce que mon amour pour lui est inébranlable, parce qu’il sait que quoi qu’il ose me dire, il restera mon poussinou. Parce qu’il sait qu’il PEUT le faire sans risques majeurs.

Mais tout ça m’use, à la longue…Tous ces coups de bélier. J’ai sombré dans un sommeil englué de 01h à 02h15… puis plus rien. Bien réveillée. Avec des kilos de pierres aiguisées qui dansaient la java dans mon estomac.

Comateuse, j’ai pris à la route ce matin à 7h15. J’ai mis un CD dans la voiture, poussé le son jusqu’à saturation et j’ai roulé… j’ai laissé derrière moi l’aube aux doigts de rose illuminer la crête du Grand Arc. La toute première neige a poudré le sommet de la Vanoise et le givre cristallise chaque brin d’herbe. La voix poignante et étrange d’Antony and The Johnson dans le lecteur m’apaise un peu parce qu’avec lui je chante à tue-tête I am very happy, So please hit me, I am very very happy, So come on hurt me, I'll grow back like a starfish.

Qu’il est dur d’être parent d’ado(s)…qu’il est épuisant de traverser la tourmente, leurs tourments. Mais ce n’est qu’à posteriori que nous saurons si nos mots, nos gestes, nos faiblesses et nos injustices maladroites ont été bienfaisants… En attendant, on fait au moins pire et on sauve sa peau de parent.
Tant bien que mal. Souvent mal…

"Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre" Sartre, l'existentialisme est un humanisme. C'est ainsi que se construit l'adolescent... il lui faut passer par/à travers ses parents...

Merci à Mme Troll/ Poussiiiin de cette parenthèse dans notre tourmente familiale… une trêve bienvenue de quelques heures.


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jeudi, décembre 28, 2006

Contre-coeur et Cloche-pieds


Contre-coeur et Cloche-pieds sont mes amis depuis dimanche dernier. Ou plutôt, ils sont venus se coller à moi comme à chaque période de vacances scolaires. Je déteste les vacances. Qui m'obligent à céder, que dis-je, à m'amputer (temporairement, heureusement !) de ce qui met du mouvement et de la vie dans la maison.

DES ENFANTS. Tous. Sauf une, bien sûr. En deux lots, ils s'en vont tous les 5 s'égailler dans un autre nid, non sans les câlins appuyés d'usage, les au revoir murmurés dans le cou "tu vas me manquer, maman". "à dimanche, mon roudoudou, c'est pas long une semaine". "Mais oui bien sûr on fera Noël à votre retour".

Et d'un coup d'un seul, la maison se retrouve vide de leurs cris, de leurs galopades, de leur vivant chahut.

A nous les grasses matinées. A nous les repas décalés, à nous les expérimentations culinaires sans regards suspicieux, à nous les repas légers sans le "y a que ça à manger ?!"
Du calme. Trop de calme. Du vide. Trop de vide d'un coup.

Depuis ces années, je ne m'y fais pas, je ne me fais pas aux chambres vides, à l'immédiat silence qui suit le chaleureux brouhaha. Au panier de linge sale qui ne se remplit plus guère. Cuisiner pour deux. A la salle de bain qui reste nette. A la table de la cuisine qui reste propre. Au lait qui reste entamé dans le réfrigérateur. A nos voix qui taillent dans le silence. A leurs chambres vides, à leur désordre refroidi. Au manque d'eux je ne me fais pas. Au manque d'eux tous, car tous les 5 font partie de nous.

Famille protéiforme. A deux rarement. A trois deux fois par mois. A huit le plus souvent. A 5 ou à 6 parfois. C'est à huit que nous sommes le mieux. Tous. Toute autre configuration, c'est comme de la ratatouille sans aubergines. C'est bon aussi, mais ce n'est pas de la ratatouille.

Et au fil des jours nous nous installons inconsciemment dans l'attente. Même avec une double vie sans eux. Même si nous avons un besoin vital de ces appels d'air pour souffler. Nous régénérer.
Vivement dimanche... que je puisse râler, crier, gronder, éteindre les lumières derrière leur passage, refermer la porte du réfrigérateur après eux, faire tourner la machine à laver deux fois par jour et faire du pain tous les jours dans ma chouette machine à pain.

Et leur dire "Pfiou iou iou... Vivement le 8 janvier que vous retourniez à l'école vous défouler !"

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lundi, novembre 13, 2006

A cloche pied...

Vous vous ètes dit que peut être vous deviendrez amies. Non, tout de même pas, au mieux, copines, peut être même que vous recueillerez quelque confidence entre filles, parfois… Ou, hypothèse pessimiste, que vous ferez ce chemin de vie ensemble en souriant, à défaut de le faire main dans la main. Hypothèse très pessimiste mais non négligeable. Après tout, ça ne peut pas mal se passer, vous êtes pleine de bonne volonté, des bonnes intentions à en paver dix enfers… Après tout, vous êtes parties toutes deux pour partager la même route quelques années durant. Trèèèès longtemps, l’espérez-vous. Et puis vous l’aimez déjà, comme ça, a priori, vous l’aimez. Donc elle vous aime aussi. Par ricochet, par procuration, forcément, elle vous aime.

Vous pensiez combler un vide, à la droite du père ; vous êtes arrivée sur la pointe des pieds pour ne pas brusquer, d’ailleurs on vous avait ouvert la porte. Vous pensiez combler un vide… mais vous avez pris une place qui ne vous était pas destinée. Vous flottiez sur votre nuage en barbe-à-papa, telle le marchand de sable, avec sa flûte et son écharpe. Mais les enfants n’ont pas toujours sommeil, malgré votre poudre d’amour et votre bonne volonté. Simplement, vous étiez à la mauvaise place, c’est tout. Au mauvais endroit au mauvais moment. Juste un malheureux concours de circonstances, ça n’a rien de personnel. Vous étiez là, alors vous avez pris les coups à la place d’une autre, vous avez cristallisé les reproches qu’on n’ose dire en face, mais vous les dire à vous, c’est plus facile… vous avez synthétisé des douleurs qui ne vous concernaient pas. Vous êtes entrée de plain pied dans une histoire qui n’était pas la votre et qu’il n’était pas de votre ressort de guérir.

Comme une insomnie, vous vous êtes retournée dans un sens, sur le ventre, non le sommeil ne vient toujours pas, sur le flanc gauche, une jambe repliée sous l’autre et le bras sous la joue… Pas mieux… Sur le dos peut être, même si ce n’est pas votre position habituelle, peut être que le sommeil viendra de cette façon… Vous êtes même prête à dormir dans la posture inconfortable si le sommeil ne peut venir qu’ainsi… Guère mieux.

Au fil du temps et des essais infructueux, vous vous êtes émiettée, par petits morceaux. Vous avez enterré des bouts de vous pour que la douleur ne les atteigne plus ; vous avez reflué vers l’intérieur de vous-même, contre votre gré, pour ne plus laisser de prise. Mais ça ne vous ressemble pas, ça n’est plus vous, vous commencez à haïr ce que vous devenez… trop éloignée. Alors vous refaites surface, régulièrement, maladroitement; votre amour est immense et invincible.

Votre bonne volonté ne saurait panser aucune blessure, ni faire taire aucun oedipe. Comme s’il s’agissait de protéger ce qu’il y a de plus cher. Mais cette fois, ce plus cher est également votre plus cher à vous. Et là le bas blesse, PLUSCHER ne saurait être partagé. Mais vous êtes juste au mauvais endroit. Il n’aurait du y avoir personne mais vous êtes là, vous, vous plus qu’une autre, vous à la place d’une autre. A la place de rien. Mieux aurait valu rien. Rien plutôt que vous. Ah, vous pensiez naïvement que la place était libre…

"Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force ni sa faiblesse ni son cœur et quand il croit ouvrir les bras son ombre est celle d’une croix."

Vous avez ouvert grand vos bras. Vous avez insisté, persévéré, patienté, sommeillé, vous avez imploré, justifié, questionné... Avec toujours la même réponse, immuable, implacable, douloureuse. Vous êtes revenue à la charge, les bras toujours grand ouverts. Vous nagez dans le bonheur... nager en eaux hostiles, vous connaissez, ça ne vous effraie pas, voire ça vous motive. Prouver, toujours. Nager à contre-courant, même. Mais cette fois vous avez ce costume de bain qui gène, qui parfois s’emplit d’eau et vous entraîne vers le fond… Alors vous battez des bras, vous remontez, vous éclaboussez, vous vous débattez, parfois vous êtes tentée de repartir vers le rivage mais vous persistez quand même. Vous n’appelez même pas à l’aide ; vous portez ce costume de bain, le costume du personnage le plus laid de la littérature enfantine, le personnage le plus spontanément haïssable des contes de fées…

Celui de belle-mère….

La marâtre…

Et maintenant, débrouille-toi avec.

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