dimanche, février 06, 2011

Dead can dance

Merci. Merci pour tous vos commentaires qui font si chaud au coeur, merci à celles qui ont commenté ici pour la 1ère  fois, merci à celles qui me suivent depuis des années, ou des mois...

J'ai passé quelques jours complètement sonnée... et puis l'énergie et l'élan de vie de ses deux fils est contagieux. Rien ne sert de s'appesantir sur la blessure laissée par ceux qui partent, ça empêche d'avancer.

J'ai passé une partie marquante de mon enfance dans un pays où

"Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts."

Là-bas on ne pleure pas ses morts, on les fait passer d'un monde à l'autre, du monde des vivants à celui des ancêtres qui veillent sur nous. On les célèbre au rythme de chants, de danses, de vêtements colorés et de repas riches. 
Je suis profondément agnostique, ce qui ne veut pas dire que je ne crois en rien, ni que je sois farouchement athée. Mon éducation est le fruit de deux cultures, et je crois que nous portons nos morts dans nos souvenirs, dans notre coeur (ce qui revient au même...) et c'est ce qui continue de les faire exister, au-delà des légendes d'ectoplasmes. De la même manière, je ne m'attache pas au lieu où gisent les corps des absents. ça ne m'empêche pas de parler dans ma tête à ceux qui ne peuvent entendre ma voix. Puisque concrètement, c'est dans cette partie de mon corps que résident mes souvenirs d'eux. Le cerveau. Je sais, dit comme ça, ça parait un peu schizophrène.

Une amie m'a envoyé  des mots d'une prière améridienne

 Je ne suis pas là, je ne dors pas.
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige.
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d'automne.
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit.
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer,
Je ne suis pas là, je ne dors pas.

en écho au poème de Birago Diop cité plus haut. Cette idée m'aide à supporter l'absence de ceux qui sont partis. Même si je ne suis pas persuadée d'y croire complètement. J'ai un doute, que je refoule quand ça m'arrange.
Mais au fond, rien ne se perd, rien ne se crée... Tout se transforme.

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22 Comments:

Blogger Lapunaise said...

Difficile de te dire quoi que se soit, alors, juste : on est là. Et si tu trébuches sur le chemin, on sera là. Et si le vent parfois souffle trop fort. On restera là, à côté.

6/2/11 15:39  
Anonymous KaMaïa said...

Je découvre tes deux billets simultanément et j'en reste sans voix.
J'ai juste envie de te serrer virtuellement dans mes bras et t'envoyer toute mon affection.

Ces paroles de sagesse de deux continents différents qui se font écho sont d'une justesse vraie. Je m'étais finalement fait à peu près les mêmes réflexions après la mort de ma mère.

Parce que souvent la perte définitive est si douloureuse... C'est plus facile et moins insupportable de croire à un Grand Tout dont on vient et auquel on retourne un jour (et moi, j'y crois)

Bises à toi

6/2/11 16:16  
Anonymous co de contes said...

je suis là..pas loin..
fin décembre à l'enterrement du meilleur ami de N°2,il a été dit"je suis toujours là,ne vous empêchez pas de prononcer mon nom,ne vous empêchez pas de penser à moi,je suis toujours là"
pas facile à faire...mais.;si cela peut aider..
bises

6/2/11 17:13  
Blogger Kaki said...

Je suis pas douee avec les mots dans ce genre de circonstances mais je te fais des milliers de bisous ;)

6/2/11 21:18  
Blogger bricol-girl said...

Je partage tout à fait ton pont de vue, les morts sont toujours là tant que l'on pense à eux, tant qu'un objet, une musique, un bout de rien, un livre, une fleur nous font un clin de coeur.

7/2/11 06:33  
Anonymous Anonyme said...

D'accord avec ces poèmes, les morts ne seront jamais définitivement partis tant que nous leur parlerons, tant que nous les ferons vivre ... comme toi, j'éprouve parfois le besoin de leur parler, et ça me fait du bien, au moins à moi.
Je t'embrasse.
MS

7/2/11 14:32  
Anonymous Luna Part said...

oh, je suis désolée pour toi, ça semble tellement injuste :-(

je repense à la chanson de Françoise Hardy :

Et si je m'en vais avant toi
Dis toi bien que je serai là
J'épouserai la pluie, le vent
Le soleil et les éléments
Pour te caresser tout le temps
L'air sera tiède et léger
Comme tu aimes
Et si tu ne le comprends pas
Très vite tu me reconnaîtras
Car moi je deviendrai méchant
J'épouserai une tourmente
Pour te faire mal et te faire froid
L'air sera désespéré comme ma peine
Et si pourtant tu nous oublies
Il me faudra laisser la pluie
Le soleil et les éléments
Et je te quitterai vraiment
Et je me quitterai aussi
L'air ne sera que du vent
Comme l'oubli

7/2/11 14:34  
Anonymous TOMALINE said...

"Tout se transforme......" Puisses tu dire vrai.... Comment ne pas laisser la vie reprendre le dessus! Ce serait une injure à ton amie, qui sans doute devait la croquer à pleines dents..... Nul conseil à donner, quand on perd quelqu'un, il faut lutter contre le manque, et seul le temps fait son oeuvre.... je t'embrasse très fort

7/2/11 17:44  
Blogger Delphine said...

Souffle, vent, caresse, murmure, baiser, leur absence est matérielle, leur présence immatérielle, chère FD, je sais que tu le sais. Et peu importe notre manière d'y croire, l'important c'et d'y croire. bises

7/2/11 20:38  
Blogger LiliLajeunebergere said...

Je n'ai pas pu il y a quelques jours, à la lecture du message précédent, alors je le fais maintenant: déposer plein de bises sur ton chagrin.

8/2/11 06:33  
Blogger Le jardin d'aloès said...

Alors là, je suis entièrement d'accord avec toi et c'est donc pour cela que je ne vais jamais sur une tombe ou quand j'y vais, je ressens du vide. Je préfère écouter le vent, l'arbre etc...
Tu es très courageuse, mais tu parles de quel pays?
Bonne journée.
Karine

8/2/11 11:24  
Anonymous Babsgirl said...

Difficile de déposer des mots sur tes maux, ton chagrin. Il y a des personnes qui partent et qui pourtant sont toujours là, tristement au début puis les pensées vers eux deviennent moins tristes, des souvenirs partagés. Pourtant comme toi, je ne peux me recueillir sur un endroit précis, car c'est une trop grande source de tristesse. Ils vivent toujours dans nos pensées ou ailleurs si on veut et c'est cela le plus important. Je t'envoie mon affection.

8/2/11 17:08  
Anonymous Françoise (salpi) said...

Bonsoir;
je suis d'accord avec toi. les morts nous accompagne, chaque jours, et de cette façon, d'une certaine manière, ne sont donc pas morts.....
moi, les miens m'accompagnent chaque jour, partout. Je t'embrasse.

8/2/11 20:44  
Blogger célestine said...

La réincarnation bouddhiste est aussi une façon de vivre la mort sans appréhension, comme une étape incontournable. Les trois quarts de la planète nous donnent ainsi une belle leçon d'acceptation.
Je parle à ma grand-mère tous les jours et je n'ai jamais eu l'impression, du coup, qu'elle était vraiment morte...

9/2/11 22:34  
Blogger tanette2 said...

Dans les Alpes, j'irai au printemps mais je ne crois pas que la route qui me conduira d'ici vers les lacs italiens passe vers chez toi, à moins que....au retour nous puissions faire un crochet...à voir, mais quand je pense qu'à "Méripoussette" tu étais à peine à 3/4 heure de chez moi....je râle un peu..beaucoup même hi hi...
Je te souhaite une belle journée.

10/2/11 06:16  
Anonymous Cocotine said...

Ce que tu écris me parle. Tous les jours ou presque, j'ai une pensée pour ceux que j'ai aimés et qui sont ailleurs maintenant. J'en rêve souvent aussi.

10/2/11 09:13  
Blogger *isadora* said...

J'aime aussi à penser que le fil n'est pas coupé. Et continuer à leur parler in petto, à mes gens partis trop tôt.

Je te fais passer quelques mots de Charles Péguy qui m'ont fait pleurer mais donné des forces aussi :

La mort n’est rien, je suis simplement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres,
Nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,
Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait,
N’employez pas un ton solennel ou triste,
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble,
Priez, souriez, pensez à moi,
Que mon nom soit prononcé comme il l’a toujours été,
Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre,
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié,
Elle est ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé,
Simplement parce que je suis hors de votre vue.
Je vous attends. Je ne suis pas loin.
Juste de l’autre côté du chemin.

10/2/11 10:17  
Anonymous Anonyme said...

Est ce que tu connais, cette chanson de Jeanne Cherhal ?

http://www.musicme.com/Jeanne-Cherhal/albums/Charade-0600753260647.html

elle s'appelle "hommes perdus", c'est sur son album "charade".

11/2/11 16:39  
Blogger FD said...

* Lapunaise, je te le dis en retour également car je sais qu'aujourd'hui c'est toi qui en as besoin : si tu trébuches, on es là...

* Kamaia, cette histoire de grand tout, c'est ma contradiction à moi... sans être croyante !

* Co, finalement ,en écho, un commentaire plus loin précise le poème de Charles Péguy dont il s'agit. Un beau texte de circonstance.

* Kaki, bisous bienvenus...

* Bricol, un objet, une fleur... c'est tout à fait ça, en plus des souvenirs.

* MS, leur parler nous fait du bien, peut être plus à nous qu'à eux... mais après tout ,c'est nous qui restons avec notre peine...Contente que tu n'aies pas disparu de la blogosphère.

* Luna Pat, raaaaah, j'ai maintenant en tête la version d'Etienne Daho...nettement moins bien que l'originale !

* Tomaline, oui, le temps commence à faire son oeuvre... comme chaque fois. La vie continue, parfois joyeuse comme elle a vécu la sienne.

* Delphine, présence immatérielle... c'est joliment dit. Merci.

* Lili, merci, merci de tes mots si rares ici :-)

* Jardin d'aloes, le pays dont je parle, tu le trouveras raconté dans mes billets étiquetés les Vies de Doélévi.

* Babsgirl, merci aussi de ton passage et de tes mots.

* Françoise, ils font ce que nous sommes, ils font parti de nous.

* Celestine, bcp de bouddhistes dans mon coin, nous avons un grand centre dans la montagne 2 villages plus loin.

* Tannette, nous vous attendons !!! je ne savais pas que "Méripoussette" était si près de vous, sinon tu penses bien que nous aurions fait un saut ! La prochaine fois :-)

* Cocotine, ils doivent être beaux, tes rêves emplis de ceux que tu aimes.

* Isadora, sublime texte, merci, j'en ai eu les larmes aux yeux.

* Anonyne, merci du lien, belles paroles et jolie voix, je ne connaissais pas cette chanson d'elle.

11/2/11 17:37  
Blogger Laurence said...

Tu prends le bon chemin, non pas de l'oubli mais d'une certaine cicatrisation que la force de vivre produit en nous. Je me reconnais dans plein de choses que tu dis, et oui, dans ma famille, ça passe très mal que je n'aille pas sur les tombes, en particulier lors des fêtes faites pour ça. Tant pis, moi je pense tous les jours à ceux qui m'ont été chers et qui le sont restés. Prends soin de toi.

11/2/11 18:55  
Anonymous TOMALINE said...

Et un mot pour chacune d'entre nous malgré la douleur..... Tu es vraiment quelqu'un...... Je t'embrasse

12/2/11 07:58  
Blogger C'est pas facile ! said...

Je viens juste de lire tes 2 derniers articles.
Je suis triste pour toi.
43 ans, c'est vraiment trop jeune pour partir.
C'est difficile de trouver les mots dans de telles circonstances.
Je t'embrasse et te souhaite bon courage pour surmonter tout ça.

15/2/11 20:06  

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